APIK Mississauga Snowboard Recap : les Golden Tickets au rendez-vous

5 February 2026 / By jayperreault

La skyline de Mississauga n’est pas habituée au son des carres qui claquent sur l’acier ni à une foule qui réagit aux réceptions comme dans un stade. Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit lorsque APIK a installé un snowpark urbain grandeur nature au cœur du centre-ville et invité les snowboarders à aller aussi vite qu’ils l’osaient.

Depuis la cabine, Craig McMorris résumait la scène comme une collision hivernale parfaite : ville + échafaudage + vitesse. Le setup était déjà un événement en soi avant même que les riders ne s’élancent : massif, surélevé, pensé pour récompenser celles et ceux capables d’enchaîner le parcours de haut en bas sans hésiter.
La Ville avait d’ailleurs donné le ton dès l’annonce : une structure de 45 pieds de haut, environ 292 pieds de long, huit modules de rails, construite avec des milliers de mètres cubes de neige et d’innombrables heures de travail.

À mesure que la compétition avançait, une chose devenait claire : le parcours favorisait les riders capables de rester calmes, de conserver leur vitesse et de poser des runs complets sans se poser de questions. Une mission que Mia Langridge et Nick Fox ont parfaitement comprise.

SÉLECTIONNÉ POUR UNE RAISON : NICK FOX REMPORTE APIK MISSISSAUGA

Nick Fox, originaire du Michigan, a remporté l’épreuve masculine — et plus que tout, il a validé tout le concept des Golden Tickets. Sélectionné via le concours vidéo en ligne, il a ensuite prouvé sa valeur sur l’acier, au moment où ça comptait vraiment, en décrochant le titre chez les hommes sur un parcours où le “presque” ne vaut rien.

Sa victoire avait une portée particulière : Fox avait obtenu sa place à APIK grâce à une vidéo Golden Ticket, choisie par Sébastien Toutant. D’un clip en ligne à la plus haute marche du podium, il a saisi l’opportunité à fond.

Toute la journée, la recette du succès revenait dans les commentaires : vitesse + exécution + tricks les plus difficiles possibles. Exactement ce qu’un rider Golden Ticket doit démontrer pour prouver qu’il mérite sa place. Craig McMorris semblait d’ailleurs avoir annoncé la couleur très tôt :

« Quand tu es sélectionné par Sébastien Toutant, c’est que tu es un bon rider. Il est extrêmement exigeant sur la technique et la manière de regarder le snowboard, et ça se voit clairement dans le riding de Nick. »

Fox a prouvé que les clips numériques peuvent parfaitement se traduire sous pression réelle. Son run gagnant misait sur la précision et le flow : cab 1 sur le rail central, rail-to-rail front tail, 270 out, suivi d’un 50-50 sur le rail montant, rail-to-rail back tail, 270 out. Réceptions propres, vitesse parfaite, zéro hésitation. Qualifié en première position, il a conservé cet élan jusqu’à la victoire finale.

En bas du parcours, le moment est devenu très personnel. J’étais assez proche pour l’entendre. Alors que Nick s’éloignait, ses parents et sa copine étaient là. La voix de son père perçait le bruit ambiant : « On est tellement fiers de toi. » Sa mère répétait la même chose, à la fois émue et souriante. Ce n’était pas encore le podium, mais ça en avait tout l’impact.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par APIK (@apikfest)

PAT FAVA (3e) : L’EXPÉRIENCE AVANT TOUT

Pat Fava a terminé juste derrière, et personne n’en a été surpris. Présenté à l’antenne comme un « rail jam killer », Fava a pleinement assumé cette réputation. Basé à Salt Lake City, fort d’une grande expérience en compétition, il est reconnu pour livrer quand la pression monte. Back 2, cab 4 et une logique de rail forgée par les années ont fait la différence sur un parcours qui ne pardonnait aucune erreur.
Les commentateurs ont rappelé qu’il sortait tout juste d’une victoire au X Games Rail Jam 2024 — une assurance qui se ressentait à chaque drop-in.

TOSH KRAUSKOPF (2e) : L’EFFICACITÉ PURE

La place de Tosh Krauskopf sur le podium s’est jouée sur un choix intelligent : savoir quand en faire moins. Il a ouvert avec l’un des passages les plus propres de la journée sur le down-flat-down, verrouillant un front board solide dans le kink et posant le ton dès le début. Il a ensuite enchaîné avec un switch front board contrôlé sur le rail inférieur, privilégiant la constance aux tricks surengagés.

Alors que peu de riders parvenaient à poser des runs complets, l’exécution nette de Krauskopf a clairement fait la différence.

MIA LANGRIDGE (1re) : LE CANADA COMME TERRAIN FAMILIER

Mia Langridge arrivait à APIK portée par l’élan d’une performance remarquée à DIYX en Europe. Elle a apporté la même approche street, maîtrisée et fluide, pour sa toute première compétition au Canada. Sélectionnée Golden Ticket par Sébastien Toutant, elle n’était clairement pas là par hasard. Avec des parents de longue date proches de la scène Stampede, son lien avec la culture snowboard canadienne s’est construit sur plusieurs années.

Son meilleur run parlait de lui-même : front 50-50 sur le down-flat, 180 sur la dernière section du kink rail, réception switch avec back 1 out, puis boardslide vers un tail tap sur le tube descendant. Aucun mouvement superflu, aucune exagération — juste de la vitesse, de l’équilibre et une exécution propre.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par APIK (@apikfest)

PAULA BENITO (2e) : LA RÉDEMPTION

Paula Benito est revenue à APIK avec la confiance qui a fait d’elle une figure reconnue de la scène rail européenne. Elle a ouvert avec un front 1 sur le rail du haut, half cab out, conservant sa vitesse pour un boardslide fluide sur la section basse. Chaque mouvement était réfléchi, basé sur la précision et le contrôle plutôt que sur l’effet spectaculaire.

Lors de son deuxième run, Benito a élevé le niveau avec un boardslide vers front board switch-up, démontrant une grande aisance technique et une capacité d’adaptation alors que les conditions évoluaient. Sa constance sur l’ensemble des runs lui a assuré la deuxième place.

KATIE BRAYER (3e) : LA PROGRESSION ASSUMÉE

Katie Brayer est arrivée en finale prête à prendre des risques. Son premier run incluait l’une des tentatives les plus audacieuses de la compétition féminine : un front blunt sur le rail du haut, engagé à pleine vitesse malgré l’espacement serré et les exigences du setup. Même si elle n’a pas complètement enchaîné la section inférieure, son contrôle et sa volonté de pousser le niveau technique l’ont distinguée. Sur un parcours où jouer la sécurité ne suffisait pas toujours, son approche lui a valu une place sur le podium.

APIK MISSISSAUGA 2026 : FOX ET LANGRIDGE TRANSFORMENT LES GOLDEN TICKETS EN HÉRITAGE

L’un des récits les plus importants — et les plus discrets — d’APIK Mississauga ne s’est pas écrit sur les rails, mais bien des mois plus tôt, en ligne.

Comme l’a souligné Craig McMorris durant la diffusion, le concours Golden Ticket d’APIK n’était ni un gadget ni un simple concours de popularité. Il s’agissait d’un processus de sélection rigoureux, porté par des figures respectées du snowboard. Côté snowboard, cette responsabilité revenait à Sébastien Toutant.

Craig l’a clairement affirmé : ce n’était pas une question de visibilité, mais de savoir qui pouvait réellement rider quand ça compte.

En ce qui nous concerne, ça a toujours été une priorité d’offrir un petit traitement royal à ces riders et de leur montrer l’hospitalité comme il se doit, surtout quand c’est leur première fois chez nous. L’hospitalité canadienne dans toute sa splendeur. On les a donc emmenés au deuxième plus grand centre commercial du Canada pour une vraie session shopping au Square One. Et évidemment, l’expérience n’aurait pas été complète sans un arrêt rapide chez Timmies pour faire le plein d’énergie avec un café et un donut.

Accros à l’adrénaline et compétiteurs jusqu’au bout des ongles, on a aussi embarqué tous les riders Golden Ticket pour une session de karting afin de voir qui avait vraiment la dalle de victoire. Comme on pouvait s’y attendre, Nick Fox et Mia ont fini tous les deux sur le podium de la course, presque un présage de ce qui allait se passer plus tard lors de la compétition principale de snowboard

Mettre ses côtes en jeu : un Best Trick comme il faut

Le Best Trick, c’est toujours une ambiance à part. S’il y a bien une critique qu’on entend trop souvent, c’est qu’il faudrait plus de style. Eh bien voilà l’occasion parfaite d’ajouter sa propre épice à la sauce.

Des hand drags fluides sur toute la longueur du rainbow, aux Janet Jackson slides, jusqu’aux gars qui drop en même temps en mode super train pour enflammer la foule — des corps qui volent, des billets qui tombent — c’est ce genre de moment qui te garde au chaud même quand il fait -15 dehors. Il y en a pour tous les goûts et, comme Craig l’a si bien dit : « faut mettre ses côtes en jeu. »

Analyser le Best Trick reste quelque chose d’assez personnel, mais voilà mes coups de cœur. Gros respect à Maddox Matte pour le show : torse nu, engagement total, utilisation du rainbow en wallride et, bien sûr, son back lip signature, parfaitement équilibré, qui a retourné la foule.

Mais je pense — et je suis à peu près sûr que tout le monde sera d’accord — que Sam Klein a volé la vedette. Boardslide front flip au-dessus du rainbow… mais ce n’était pas suffisant. Il est revenu à la charge avec un boardslide back rodeo, la tête à quelques centimètres à peine de la barre. Close call, comme on dit. Et pour souligner ça, Craig l’a résumé parfaitement :

« Ce n’est pas un rail jam tant que quelqu’un ne flip pas. C’est la règle. »

Et après ça, j’ai vu débarquer mon pick perso, Truth Smith, accompagné de Tosh, son bon pote du crew Shmobb sur la côte Ouest — Tosh qui a lui aussi fini sur le podium.

Fallait être là pour le vivre… ou sinon, tu peux toujours te rattraper en regardant le replay du livestream sur YouTube.

Un nouveau standard pour les rail jams

Au-delà des résultats, la liste des participants disait beaucoup. APIK Mississauga a réuni un plateau mêlant riders établis, spécialistes du rail et talents émergents qui ne se croisent pas toujours dans les mêmes événements. Ce mélange a donné un vrai poids à la finale. Quand des riders avec une crédibilité solide et une expérience street affirmée sont prêts à se déplacer, à s’adapter à des conditions exigeantes et à mettre leur nom en jeu, ça en dit long sur la plateforme.

APIK ne se contente pas de créer des opportunités : l’événement gagne la confiance de riders qui savent reconnaître un rail contest légitime.

Rien de tout cela ne serait possible sans les athlètes, les équipes sur le terrain, les partenaires et la communauté qui brave le froid pour faire vivre l’événement.

Merci à toutes celles et ceux qui ont soutenu APIK Mississauga et contribué à faire avancer ce rendez-vous.

Vous avez manqué l’action ? Revivez les meilleurs moments dans notre récap de 26 minutes.